
La Revue de Gatineau, sous la plume du journaliste Patrick Voyer, a commis un palmarès des 20 évènements culturels les plus marquants sur la scène régionale en 2009. Guindon y figure avec fierté et y est même surnommé le "trésor régional" de l'Outaouais. L'aquarelliste y apparaît à cause de son 25 ans de carrière artistique à temps plein. Il avait aussi fait la manchette du palmarès 2007 lors de sa rencontre avec le président des Etats-Unis Monsieur George W. Bush.
Voir l'article ici.
Un autre article de Patrick Voyer a été publié sur l'artiste et la culture en Outaouais:
Les deux clés pour vivre de son art selon Guindon: le travail et la passion à froid!
par Patrick Voyer
Article mis en ligne le 6 janvier 2010.
Jean-Yves Guindon arrive à marier sens des affaires et sens de l'art, ce qui explique son succès. (Photo: Patrick Voyer) Dossier culture: Les deux clés pour vivre de son art selon Guindon: le travail et la passion à froid! Si un artiste peut se targuer de vivre de son art en Outaouais, c'est bien l'aquarelliste Jean-Yves Guindon. Il était donc intéressant de le cuisiner sur ses secrets alors que des centaines de créateurs peinent à joindre les deux bouts s'ils n'ont pas un boulot à côté.
La moyenne de revenu annuel pour les artistes visuels est de 12 000$, montant duquel on doit soustraire les coûts d'encadrement, de matériel et de déplacements. De quoi en décourager plus d'un! Mais c'est possible de vivre de son art, que ce soit la peinture, la sculpture ou autre; il faut juste être prêt à produire et… à compter!
«J'ai de la misère à donner des conseils, car tout ça est très privé. Donc, je ne le dirais pas de façon paternaliste, mais le nerf de la guerre, la clé, c'est le travail. Si tu donnes deux heures par semaine ou que tu peins 20 tableaux par année, oublie ça», tranche Guindon. L'aquarelliste pense constamment à son art, qu'il marche dans la forêt, rencontre des gens ou qu'il participe à des symposiums comme artiste ou président d'honneur.
Outre le travail, la constance et l'intégrité sont des atouts que doit posséder tout artiste visuel aspirant à une carrière. Il faut aussi varier son offre, quitte à donner des cours ou faire de l'encadrement, et être patient. Mais cela ne veut pas dire d'attendre! «Ceux qui réussissent le mieux sont les entreprises privées, car elles se disent "go, on y va!". J'aime ce culot-là. Ce n'est pas évident pour tout le monde, certains ont des dettes, mais tout est possible.»
Jean-Yves Guindon est reconnu comme un grand artiste, mais est avant tout un homme d'affaires aguerri. Pas étonnant que son entreprise familiale, qu'il gère avec sa douce-moitié Jeannette, ait été en nomination au Gala de la chambre de commerce de la Vallée de la Petite-Nation cette année! Il est artiste à temps plein depuis 25 ans et vit de son art depuis 22 ans. «J'ai trouvé un créneau et je gère mes affaires comme un commerce avec ma conjointe. On se complète bien!» Marketing, gestion, création, tout cela s'entremêle.
Guindon a donc marié sa passion intarissable à ses talents de gestionnaire gardant son sang froid. Et il n'a jamais attendu après les subventions, surtout que seulement 1% du budget municipal est retourné aux artistes! «T'attends pas après le gouvernement pour vivre de ton art. Je ne suis pas le premier, Robert-Émile Fortin l'a fait; il n'a peut-être pas fait fortune, mais il a roulé! Élise Séguin l'aquarelliste aussi, qui vivait de ça grâce à son cercle de galeries à Toronto, Montréal, Ottawa et Québec», rappelle-t-il. Ce réseautage et sa liste de clients réguliers, Guindon les a créés en Outaouais, grâce à ses envois postaux, le bouche à oreille, son professionnalisme et sa confiance indéfectible.
Sa production annuelle est évidemment exhaustive: 8 mois en atelier pour accoucher de 125 à 140 œuvres. «Tu le fais à ton rythme, mais tu dois avoir une discipline incroyable et un sens de l'organisation. Parce que l'inspiration pure ne dure que 2-3 semaines par année», lance-t-il, en ajoutant que la présentation des œuvres est aussi importante que leur naissance.
Un bon moyen aussi de sauver de l'argent est de posséder sa propre galerie, son propre espace d'exposition. Guindon a compris très tôt qu'il ne voulait pas louer des murs dans des galeries et donner un pourcentage de ses ventes. Il a donc mis sur pied son expo champêtre (qui accueille 2000-2500 visiteurs par an) sur sa propriété. «Je n'ai pas inventé le concept, je l'ai simplement popularisé, précise-t-il. Rachel Lemire l'a fait à Ste-Cécile-de-Masham et Lisette Martel aussi à Montebello.» Guindon a aussi un système de vente local et à l'étranger. Avec la venue d'Internet, c'est encore beaucoup plus facile…