
L'aquarelliste de la Petite-Nation a eu l'honneur du titre "Personnalité de la semaine Radio-Canada/LeDroit". Les institutions l'ont proclamé ainsi pour ses 25 ans de carrière et son implication dans le milieu des arts. Guindon a fait son apparition dans les divers médias régionaux. Un gala est prévu en février prochain afin de proclamer la "Personnalité de l'année 2009" parmi une quarantaine de candidats. Vous pouvez lire ci-bas l'article du 2 novembre du journaliste Charles Thériault du quotidien LeDroit.
Même s'il a réalisé 3500 tableaux depuis le début de sa carrière, Jean-Yves Guindon a encore le goût de travailler. Il s'installe tous les matins dans son atelier, pour peindre.
Charles Thériault, Le Droit
Depuis maintenant 25 ans, le peintre Jean-Yves Guindon vit une véritable histoire d'amour avec le secteur de la Petite-Nation qu'il dépeint admirablement à travers ses toiles. LeDroit et Radio-Canada rendent à leur tour hommage à cet artiste en lui décernant le titre de Personnalité de la semaine.
Comme dans la chanson de Claude Dubois, J'aurais voulu être un artiste, le peintre Jean-Yves Guindon a toujours aimé dessiner, mais il lui aura fallu bien des années et plusieurs détours avant de se consacrer à son art.
M.Guindon est une figure bien connue dans la région de l'Outaouais. Il a récemment célébré son 25e anniversaire de vie artistique et reçu une lettre officielle de félicitations du premier ministre du Québec, Jean Charest. Très actif dans la promotion des causes qui lui tiennent à coeur, l'aquarelliste de Saint-André Avellin a aussi été président d'honneur du symposium Gatineau en couleur.
Mais avant de devenir peintre, Jean-Yves Guindon a occupé divers emplois qui lui ont permis de développer ce sens des affaires qui lui sert à bien gérer sa carrière.
Originaire de Buckingham, l'artiste a passé les premières années de sa vie à cet endroit avant de déménager à Gatineau, près de l'usine de papier. Ce ne fut pas une très belle période pour lui. «Je n'ai pas aimé ces années-là car c'était le début de l'adolescence et on passait notre temps à se battre avec les jeunes anglophones du quartier. Je suis allé ensuite étudier au Juvénat d'Oka, une institution dirigée par les moines et j'ai adoré l'expérience. On étudiait et on passait de longues heures dans le silence alors je dessinais beaucoup et j'aimais ça, mais ça a aussi causé ma perte car j'ai été expulsé pour avoir dessiné les têtes des Beatles. Le frère Gilbert m'avait même forcé à m'excuser devant tout le collège et il a déchiré mon dessin devant tout le monde. Moi, j'aimais dessiner depuis que j'étais tout petit et je me souviens d'avoir volé de l'argent à ma mère pour m'acheter des cahiers de dessin. Mon père m'amenait à la chasse, mais je ne chassais pas, je regardais le paysage. Je voyais le soleil à travers le sous-bois et je ne voulais pas tuer les animaux», se souvient Jean-Yves Guindon.
»Un milieu difficile»
En s'inscrivant au Cégep de Hull, M.Guindon aurait aimé étudier en arts graphiques, mais cette option n'était pas offerte. Il s'est alors inscrit en bibliotechnique, un domaine qui n'était vraiment pas pour lui. Traversant la rivière des Outaouais pour étudier au Collège Algonquin, il a ensuite complété une formation en récréologie. C'est là qu'il a rencontré celle qui allait devenir sa femme, Jeannette Veillette. Le monde du loisir l'a suffisamment intéressé pour qu'il envisage d'en faire une carrière.
«J'ai débuté au Centre communautaire de la Côte-de-Sable à Ottawa et ce fut une bonne expérience, mais le milieu était difficile et je n'y suis resté que deux ans. À cette époque, la Société d'aménagement de l'Outaouais (SAO) venait d'ouvrir ses centres touristiques et je suis devenu directeur du parc du Lac Beauchamp. C'était agréable parce que c'était en plein air et j'étais maître de mon horaire. Lorsque je suis devenu directeur du parc du lac Leamy, ce fut bien différent car il y avait plus d'employés et c'était un endroit plus fréquenté. Ensuite, j'ai travaillé à la Marina d'Aylmer, puis au Centre touristique du lac Simon. Toutes ces expériences m'ont permis d'apprendre à gérer une entreprise et à faire affaire avec le public. Au début des années 1980, je suis devenu directeur de l'Aéroport de Gatineau (qui appartenait à la SAO à l'époque). En deux ans et demi, j'ai redressé les finances de l'aéroport, mais je suis parti de là à la fin de 1983, complètement vidé. C'était un milieu trop politique», raconte-t-il.
Enfin, la peinture
Durant toutes ces années, il n'a jamais cessé de dessiner, mais en quittant la SAO, il se dirige vers le monde des affaires, en achetant une boutique d'artisanat, à Hull. «Ç'a très bien fonctionné car c'était plus simple à gérer. De plus, j'avais le temps de peindre en attendant les clients. J'ai vendu ma première peinture au père Roger Guindon qui était recteur de l'Université d'Ottawa».
Jean-Yves Guindon est un autodidacte. Il a toujours dessiné et il n'a suivi qu'une formation de 12heures en aquarelle, donnée par le peintre Zoltan Szabo. Après avoir exploré la gouache et d'autres médiums, il a découvert l'aquarelle et ce fut pour lui une révélation.
En 1988, le peintre s'est installé dans la région de la Petite-Nation avec sa famille et au début des années 1990, il a organisé une première exposition champêtre qui fut un grand succès. Par la suite, sa carrière a pris une tournure internationale et il est allé présenter ses tableaux à Bruxelles en 1992. «C'était la vie de jet-set et on me logeait dans les plus beaux hôtels. J'aurais pu continuer comme ça mais je me suis rendu compte que ça ne collait à ma personnalité. Je veux rester en contact avec les gens et peindre pour eux et non devenir une vedette. J'ai organisé plusieurs expositions à la maison et ça a très bien fonctionné. Aujourd'hui, il y a plusieurs expositions champêtres et tournées chez les artistes de la région et c'est très bien».
La carrière de Jean-Yves Guindon est une histoire d'amour avec la région de la Petite-Nation où il habite et qui lui fournit de beaux paysages pour ses peintures. En 2007, une de ses peintures a été offerte, par Tourisme Outaouais, à l'ancien président des États-Unis, George W. Bush, lors de son passage au sommet du Partenariat pour la sécurité et la prospérité, au Château Montebello.
Il est parmi les rares artistes de la région à être capables de vivre de son art.
Même s'il a réalisé 3500 tableaux depuis le début de sa carrière, Jean-Yves Guindon a encore le goût de travailler. Il s'installe tous les matins dans son atelier, pour peindre. «J'ai toujours des idées et chacune de mes oeuvres est unique. J'aime voir la réaction des gens devant mes tableaux. Comme tous les artistes, je veux susciter une émotion et semer un peu de bonheur», conclut-il.